Biographies évangéliques

Patrobas, Hermès, Philologue

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I. Ces nouveaux amis de saint Paul se trouvaient aussi à Rome l'an 58 de Notre-Seigneur, la deuxième du règne de Néron. Qui étaient ces personnages, dont le grand Apôtre a immortalisé le nom en l'écrivant dans son Épître aux Romains ? D'où venaient-ils ? Pourquoi se trouvaient-ils dans la capitale du monde, la métropole de l'idolâtrie, la citadelle de Satan ?

II. Sans crainte, on peut répondre à cette dernière question, qu'ils étaient venus pour concerter entre eux les moyens de détrôner Jupiter Capitolin, faire cesser les abominations et les cruautés dont se composait son culte.

III. Mais d'où venaient-ils et qui les avait convoqués ? À ces questions ni l'histoire ni la tradition ne donnent de réponse. On voit seulement que, dès les premiers jours de l'Église, Rome était le centre de la foi, l'oracle qu'il fallait consulter pour demeurer dans l'unité de croyance et de pratique.

IV. Les anciens monuments de l'Église orientale nous apprennent que saint Patrobas était évêque de Pouzzoles. Cette ville de Campanie, bâtie sur le golfe de Baïa, à quelques lieues de Naples, est célèbre dans l'histoire profane par les excentricités de l'empereur Caligula, mais célèbre surtout dans notre histoire chrétienne.

V. C'est à Pouzzoles que saint Paul débarqua, lorsqu'il fut conduit prisonnier à Rome. En mémoire de ce débarquement, chaque année, au mois de mai, la ville de Pouzzoles fait une procession solennelle sur le quai. C'est aussi à Pouzzoles que fut martyrisé saint Janvier, dont le sang, précieusement conservé dans la cathédrale de Naples, se liquéfie miraculeusement chaque année au jour anniversaire de la fête du saint martyr.

VI. Saint Hermès fut évêque en Dalmatie : nouvelle preuve de la diffusion universelle du christianisme, dès les premiers jours de l'Église. La Dalmatie n'était pas, à beaucoup près, une des principales provinces de l'empire romain ; nous voyons cependant qu'elle eut un évêque, vingt-quatre ans après la mort de Notre-Seigneur. Cette contrée, dont le sol est assez fertile, contient de belles carrières de marbre et d'albâtre.

VII. Ce qui est autrement précieux, les Dalmates ont conservé le trésor que leur apporta saint Hermès. On sait que la Dalmatie fut le premier lieu où se reposa la sainte maison de Nazareth, lorsque, pour la préserver des profanations des Sarrasins, Notre-Seigneur ordonna aux anges de la transporter en Occident.

VIII. Dans leurs chants sacrés, les Orientaux appellent saint Hermès l'illustre, le glorieux disciple du Christ qui, semblable au soleil, éclaira la Dalmatie. Mourut-il martyr, suivant la coutume de cet âge héroïque ? On l'ignore. Nous savons seulement qu'il souffrit beaucoup pour l'Évangile, plurimas injurias passus.

IX. Suivant Origène, saint Philologue, qui fut évêque de Sinope, dans la Paphlagonie, demeurait à Rome dans la même maison que les saints personnages nommés par saint Paul. Il était comme le chef de cette fervente Église domestique. Les anciens monuments de notre histoire n'apprennent rien des travaux apostoliques de saint Philologue.

X. Tout ce que nous savons, c'est qu'il eut pour mission la Paphlagonie, pays habité par des tribus barbares, qui résistèrent longtemps aux Grecs et aux Romains, mais courbèrent promptement la tête sous le joug de l'Évangile. Située sur la côte septentrionale de l'Asie Mineure, la Paphlagonie dépend aujourd'hui de la Turquie et porte le nom de Kiangari.

XI. Nous avons reçu, nous catholiques, le même don de la foi. Gardons-le avec un soin jaloux. Santé, richesse, vie même, perdons tout plutôt que de la perdre nous-mêmes, ou de la laisser perdre à ceux qui nous sont confiés. Voir : Bar., an. 58, n. 56, 57; Martyrol., 1 nov.; du Saussay, in B. Andream Ep., etc., etc.