Religion (Statistique des)
Sommaire
RELIGIONS (STATISTIQUE DES). — Le graphique ici présenté a été établi au moyen de statistiques déjà existantes, modifiées d’après les éléments nouveaux qu’il a été loisible de rassembler.
Il est approximatif, puisque toute statistique, par nature, est flottante.
Nous avons vu faire des recensements en Chine, et donc sur le quart de la population du globe. L’opération était singulièrement extrême-orientale, lisez : très-peu précise.
Autre point à noter : du terrible choc de 1914-1918, avec ses contre-coups qui se prolongent, on ne peut encore rendre compte dans la question qui nous occupe.
Tel quel, ce graphique est donné à titre documentaire.

D’un point de vue apologétique, il apparaît sous un double aspect : spéculatif et pratique.
Dans le domaine spéculatif, l’effrayante constatation qu’il nous contraint de faire, soulève une objection : « Est-ce donc là le résultat divin de la Rédemption ? » — La réponse s’impose.
Non ; c’est là le résultat de la lutte mondiale et continue entre Jésus-Christ et Satan, lutte où les passions humaines, déchaînées et attisées par l’ennemi du Sauveur, bouleversent, au cours des siècles (Schismes d’Orient et d’Occident, Protestantisme, Révolution, Sociétés secrètes, etc.), les desseins miséricordieux de la Providence divine appelant tous les hommes au Salut (Voir ce mot et l’article Providence).
Dieu laisse, pour un temps, libre jeu aux passions malfaisantes : conséquence de la liberté, qui ouvre des abîmes dont lui seul pénètre les profondeurs. Bien courte serait la vue du logicien, s’il tirait de ces faits un argument contre la vérité du christianisme en général, et du catholicisme en particulier. La philosophie déduit, à bon droit, de la croyance universelle, une preuve de l’existence de Dieu. Mais la vérité religieuse n’est pas, certes, décidée par le suffrage universel. C’est que la croyance initiale est produit de la nature, qui sort des mains de Dieu. Tandis que le suffrage est un produit complexe de l’esprit humain, qui subit, outre l’ignorance, fruit amer du péché, tant d’influences mauvaises, que la résultante ne saurait être une norme de vérité.
Nul ne peut croire sans connaître ; personne ne croit s’il ne veut croire ; on ne veut guère croire ce que l’on ne veut plus pratiquer : autant de raisons graves qui disqualifient le suffrage universel, en matière de vérité religieuse.
Dans l’ordre pratique, quel merveilleux stimulant pour tout catholique de cœur qu’une si douloureuse découverte ! « Près des cinq sixièmes des hommes, mes frères, manquent encore à l’appel du Christ » : voilà ce que tout baptisé doit se dire et se répéter, afin d’aviver son zèle. Que puis-je, moi, pour aider l’œuvre de rédemption dans l’univers, pour contribuer à avancer la tâche immense ? Ma conscience m’approuve-t-elle dans le passé, ou me reproche-t-elle d’avoir agi trop peu ?
Si tel est l’effet du document présent, l’apologiste aura atteint son but.
G. Gibert, S. J.
Missionnaire.