Boniface VIII
Sommaire
BONIFACE VIII, pape de 1294 à 1303. — Nous raconterons d’abord brièvement le tragique « Différend » de ce Pape avec Philippe le Bel, et donnerons ensuite l’analyse du document qui est le plus reproché à Boniface, la Bulle Unam Sanctam.
I. Différend entre Boniface VIII et Philippe le Bel.
Ce n’était pas un ennemi de la France que Benoît Gaetani, qui en 1294 montait sur le trône pontifical à la suite de la démission du saint, mais incapable Célestin V. Une partie de sa jeunesse s’était passée en notre pays ; il avait été chanoine de Paris, bénéficier à Lyon, et s’était acquitté de plusieurs missions importantes en France. Avant son élévation au souverain pontificat, les autres cardinaux l’avaient surnommé le Français, Gallicus, à cause de ses prédilections bien connues.
« Quand j’étais cardinal, j’étais Français de cœur », dira-t-il dans le discours le plus violent qu’il ait prononcé contre Philippe le Bel. Pourtant, ce Pape fut, contrairement à la tradition de ses prédécesseurs, presque continuellement en lutte avec le gouvernement français, et c’est une expédition marchant sous la bannière fleurdelysée qui commettra contre lui l’attentat immortalisé par Dante.
La cause principale du différend entre la France et Boniface VIII se trouve dans les procédés arbitraires et injurieux à l’Église du gouvernement de Philippe le Bel. Soit faiblesse dont abusaient des conseillers indignes, soit tendance personnelle à l’absolutisme, le roi multiplia pendant tout son règne les entreprises contre les immunités ecclésiastiques.
Par ailleurs, Boniface, dont les mœurs et la foi ont été indignement calomniées, dont le zèle pour l’Église, sa grandeur, ses libertés, ne sauraient être mis en doute, était par la violence de son caractère, ses intempérances de langage et de style, son népotisme et ses préoccupations politiques trop visibles, l’homme le moins fait pour éviter les conflits et résoudre sans secousse les difficultés venues de la France.
Le premier choc se produisit à l’occasion de fonds que Philippe avait fait voter au clergé de France en 1294 et 1296 pour la guerre contre l’Angleterre. Nombre de clercs protestèrent contre cette levée de subsides qu’ils trouvaient oppressive, et en appelèrent au Pape ; le puissant ordre de Citeaux menait la campagne.
Le 24 février 1296, par la décrétale Clericis laicos, qui rappelait « l’hostilité, attestée par toute l’antiquité chrétienne, des laïcs contre les clercs », Boniface défendit sous peine d’excommunication, au roi de demander ou de recevoir, au clergé de payer des taxes extraordinaires, sans la permission du Pape (Dupuy, Preuves, 14). Philippe riposta en interdisant de transporter l’or et l’argent hors du royaume, mesure qui tarissait les ressources que la cour de Rome tirait de la France.
Par malheur pour Boniface, il était alors aux prises en Italie avec de sérieuses difficultés, obligé de lutter à la fois contre Frédéric de Sicile, et, dans l’État romain, contre la puissante maison des Colonna, hostile aux Gaetani.
Pour gagner l’appui de la Cour de France, le Pape revint sur ses décisions, et, par une série d’actes promulgués en 1297, autorisa le clergé à faire au roi des dons spontanés, légitima les levées d’argent déjà consenties, permit à Philippe de percevoir des taxes, en cas de nécessité, sans recourir à Rome. Le 11 août 1297, la canonisation de S. Louis fut une preuve nouvelle des bonnes dispositions du Pape envers la France.
De nouvelles entreprises de Philippe contre les immunités ecclésiastiques amenèrent une nouvelle et plus grave rupture avec Rome. En septembre 1296, Boniface avait séparé du diocèse de Toulouse l’évêché de Pamiers, et lui avait donné comme premier évêque Bernard de Saisset, connu pour son hostilité à la politique du gouvernement français ; séparation et nomination s’étaient faites sans consulter le roi.
Le nouvel évêque de Pamiers ne se privait pas de critiquer en termes violents les procédés de Philippe le Bel envers l’Église et envers ses sujets ; il ne semble pas cependant qu’il ait cherché, comme la Cour de France le lui reprocha, à susciter dans son diocèse des émeutes contre les officiers royaux. En 1301, Philippe fit arrêter et conduire à Paris Bernard de Saisset, accusé de haute trahison ; en même temps il envoyait à Rome un mémoire contre l’évêque, demandant qu’on lui fît son procès en France.
Boniface répondit par de violents reproches au sujet de l’emprisonnement de Saisset, et ordonna qu’il fût immédiatement relâché afin de venir présenter sa défense en Cour de Rome. En même temps les concessions faites précédemment au roi en matière financière étaient révoquées (Bulle Salvator Mundi, 4 déc. 1301). Le lendemain la Bulle Ausculta Fili donnait, dans les termes les plus absolus, la théorie de la puissance pontificale « constituée au-dessus des rois et des royaumes pour édifier, planter, arracher et détruire » ; elle énumérait les griefs de l’Église et du peuple français contre la tyrannie royale, flétrissait « les ministres de l’idole Bel », invitait enfin le roi à venir en personne, ou à se faire représenter, au prochain synode de Rome, « afin d’y entendre ce que Dieu prononcera par notre bouche », disait le Pape.
Le même jour la Bulle Ante promotionem convoquait à Rome les évêques, délégués des chapitres, docteurs en théologie de France, pour le 1er novembre 1302, en vue de procéder avec eux « à la réforme du royaume et à la correction du roi » (Dupuy, Preuves du différend, pr. 42, 48, 53).
La bulle Ausculta Fili fut jetée au feu, en présence du roi, par le comte d’Artois ; plus tard on prétendit qu’elle était tombée dans le feu par accident. Philippe se garda bien d’en laisser circuler le texte dans le peuple, les griefs énoncés contre le gouvernement royal n’étant que trop réels. A la place on répandit un prétendu résumé de l’acte pontifical, qui commençait par ces mots : « Sachez, nous le voulons, que vous nous êtes soumis au temporel comme au spirituel. » En même temps circulait une grossière réponse qui ne fut pas envoyée à Rome. « Philippe, par la grâce de Dieu roi de France, à Boniface qui se dit Pape, peu ou point de salut. Que votre insigne fatuité sache que nous ne sommes soumis à personne pour le temporel, etc. » (Dupuy, Preuves, pr. 44, 47).
Le 10 avril 1302, les trois ordres du royaume furent réunis pour la première fois, à Notre-Dame de Paris, pour donner au roi leur appui contre le Pape. Après un fort habile discours du chancelier Pierre Flotte, deux réponses furent votées par la noblesse et le « commun » et envoyées aux cardinaux à Rome ; elles étaient entièrement favorables aux prétentions royales ; celle du clergé, adressée au Pape, était plus modérée de ton, mais ne différait guère des deux premières pour les conclusions ; Philippe défendit ensuite à tous ses sujets de se rendre à l’étranger et d’y transporter des fonds.
Des ambassadeurs du roi et des États allèrent porter à Anagni tous ces documents. En leur présence, le Pape prononça, en consistoire, un discours dans lequel Pierre Flotte était traité « d’Achitophel qui conseilla Absalon contre son père David, borgne d’un œil et totalement aveugle du cerveau », Philippe accusé d’avoir « falsifié » les lettres apostoliques ; le Pape rappelait « que ses prédécesseurs avaient déposé trois rois de France », et menaçait le roi « de le déposer, s’il ne venait à résipiscence, comme un garnement, sicut unum garcionem » (Dupuy, Histoire, p. 65).
Boniface, du reste, faisait cette importante déclaration qu’on ne doit jamais perdre de vue si l’on veut interpréter justement ses affirmations de la puissance pontificale : « Le roi nous a fait dire que nous lui ordonnions de reconnaître qu’il tient de nous son royaume. Or, nous étudions le droit depuis quarante ans, et nous savons qu’il y a deux puissances ordonnées de Dieu… Nous ne voulons usurper en rien la juridiction du roi, mais le roi ne peut nier qu’il nous est soumis, comme tout autre fidèle, ratione peccati. » Ordre était, de nouveau, donné aux évêques français, sous peine de déposition, de venir à Rome pour l’époque indiquée (Dupuy, Histoire, p. 77).
La défaite de Courtrai (11 juillet 1302), où périt Pierre Flotte, fut regardée en France comme une punition de Dieu. Philippe, devenu plus traitable, envoya une nouvelle ambassade demander un sursis pour les évêques appelés à Rome, et permit à une quarantaine d’entre eux de se rendre auprès du Pape pour le 1er novembre.
Boniface, usant à son tour de bons procédés, ne critiqua pas au synode romain l’administration du royaume, et se contenta d’y promulguer la fameuse Bulle Unam Sanctam que nous étudierons plus bas ; un légat, le Cardinal Lemoine, français d’origine, fut envoyé près de Philippe pour pacifier le conflit. Le roi, près de qui prévalaient en ce moment des conseils plus modérés, discuta, dans des Responsiones respectueuses de forme, les griefs formulés par le Pape (janvier 1303).
Malheureusement, peu après, l’homme qui devait être jusqu’au bout le mauvais génie de Philippe, Guillaume de Nogaret, parvint à s’emparer de la faveur royale, et excita violemment son maître contre la Cour de Rome. Boniface, instruit de ses agissements, invita le légat à obtenir du roi satisfaction plus complète « sous peine de châtiments temporels et spirituels » (13 avril 1303). Il était trop tard.
Le 12 mars 1303, dans une assemblée tenue au Louvre en présence du roi, Nogaret demanda que Boniface, usurpateur du siège pontifical, coupable de crimes manifestes et énormes, fût traduit devant un concile général qui lui ferait son procès. Il s’offrit à partir pour l’Italie et à s’assurer de la personne de l’intrus jusqu’à la réunion du concile. Acte notarié fut dressé de ce réquisitoire, et Nogaret partit pour l’Italie.
Le Pape, prévenu de tout, rédigea la Bulle Super Petri solio, qui devait être fulminée le 8 septembre ; le roi était excommunié, ses sujets déliés du serment de fidélité ; pourtant une sentence de déposition n’était pas formellement prononcée (Dupuy, Preuves, pr. 182).
Le 7 septembre, Nogaret envahissait Anagni où se trouvait le Pape, à la tête de 600 hommes d’armes et mille sergents à pied, recrutés dans la campagne romaine parmi les pires ennemis de Boniface. Il avait fait déployer, à côté de la bannière fleurdelysée, le gonfalon de saint Pierre, pour marquer que l’intérêt de l’Église inspirait l’expédition.
Boniface, abandonné par les habitants d’Anagni, montra un héroïque courage devant les injures de Sciarra Colonna et de ses autres ennemis italiens, leur offrant « son cou et sa tête ». Il ne semble pas qu’il ait reçu un soufflet de Sciarra. Après l’avoir laissé insulter, Nogaret intervint et arrêta les excès de ses auxiliaires. Froidement, il notifia alors à Boniface les prétendus griefs présentés contre lui par la Cour de France, et le somma de convoquer un concile qui statuerait sur sa culpabilité.
Le Pape s’y refusa. Il fut gardé à vue, sans être, du reste, enchaîné. Mais les habitants d’Anagni, revenus de leur première surprise, intervinrent alors, et s’opposèrent à ce que Boniface fût enlevé de leur ville, et conduit en France ; le lendemain ils assaillirent le château, chassèrent les Français, et traînèrent dans la boue la bannière fleurdelysée. Le Pape, conduit à Rome sous escorte, y mourut le mois suivant, des suites de l’émotion causée par la terrible scène d’Anagni.
Nogaret ne désarma pas après la mort de sa victime. Appuyé par la Cour de France, il déclara poursuivre le procès contre la mémoire de Boniface, et ne renonça à son infâme campagne de calomnies que lorsque Clément V eut la faiblesse de promulguer la Bulle Rex gloriæ virtutum (27 avril 1311) qui faisait effacer des registres de l’Église de Rome les actes de Boniface contre le roi de France et ses auxiliaires, et défendait d’inquiéter ceux qui en avaient été l’objet.
Une autre bulle, du même jour, déclarait que le roi avait été inspiré « par un zèle bon et juste », Zelum bonum atque justum, dans ses rapports avec Boniface. « Approbation plus cruelle cent fois pour la papauté que le soufflet symbolique de Sciarra » (Langlois).
Bibliographie du différend
Bibliographie
Bibliographie.
Sources : Digard, Faucon et Thomas, Registres de Boniface VIII. Paris, 1884 sq
Potthast, Regesta Pontificum romanorum, t. II, p. 1931 sq
Raynald, Annales Ecclesiastici, années 1294 sq
Dupuy. Histoire du différend entre le Pape Boniface VIII et Philippe le Bel roi de France. Paris, 1655 (avec les Preuves)
Collections des Conciles de Mansi, t. XXIV et XXV, de Hardouin, t. VII.
Ouvrages : M. G. Digard prépare une thèse sur Philippe le Bel et le Saint-Siège. En attendant son apparition, on peut consulter les ouvrages suivants : Baillet, , Paris, 1718 ;
E. Boutaric, , Paris, 1861 ;
Drumann, , Kœnigsberg, 1862 ;
Hefele, (trad. Delarc, t. IX, ou 2 édition allemande ;
t. VI ;
p. 281 sq) ;
Hemmer, article Boniface VIII du ;
Jungmann, , t. VI, p. 1 sq, Ratisbonne, 1886 ;
Langlois, ( de E. Lavisse ;
t. III (II) ;
p. 127 sq) ;
V. Leclerc et E. Renan, , au XIV siècle, Paris, 1865 ;
E. Renan, , Paris, 1899 ;
réimpression d’articles de l’, t. XXV-XXVII et t. XXX ;
Rocquain, , t. II, Paris, 1896 ;
Tosti O. S. B., , Paris, 1854.
II. La bulle « Unam Sanctam ».
La bulle « Unam Sanctam » de Boniface VIII est généralement citée comme l’expression la plus audacieuse des « doctrines théocratiques » du Moyen Âge. Cette Bulle, dont quelques auteurs ont à tort révoqué en doute l’authenticité, figure au registre de Boniface VIII ;
elle fut promulguée, dans les circonstances rappelées plus haut, le 18 novembre 1302, dans un synode romain auquel assistaient environ quarante membres du clergé français.
Après avoir rappelé l’unité de la Sainte Église, corps mystique du Christ, le Pape déclare « que ce corps unique ne doit pas avoir deux têtes — ce serait monstrueux — mais une seule, le Christ, et le vicaire du Christ, Pierre et ses successeurs, puisque c’est à Pierre que le Christ a dit : « Pais mes brebis »… Deux glaives sont au pouvoir de l’Église, un spirituel et un matériel ;
le second doit être manié par l’Église, le premier par l’Église ;
le premier est dans la main du prêtre, le second dans la main du roi et de ses soldats, mais suivant la direction et la volonté du prêtre « ad nutum et patientiam sacerdotis ».
Le second glaive doit être soumis au premier, le pouvoir temporel soumis au pouvoir spirituel… La vérité l’atteste, le pouvoir spirituel doit diriger, instruire (instruere), le pouvoir temporel, et le juger s’il prévarique, — si donc le pouvoir temporel s’égare, le spirituel le jugera ;
si un pouvoir spirituel inférieur s’égare, il sera jugé par son supérieur ;
si le pouvoir spirituel suprême s’égare, il n’a pas de juge parmi les hommes, mais Dieu seul est son juge… Résister au pouvoir ordonné de Dieu, c’est résister à l’ordre divin, à moins qu’on ne veuille, comme les Manichéens, imaginer deux principes, ce qui serait faux et hérétique… Nous déclarons par conséquent à toute créature humaine, lui disons, définissons et prononçons, que son salut exige absolument sa soumission au Pontife romain.
« Porro subesse Romano Pontifici omni humanæ creaturæ declaramus, dicimus, definimus et pronunciamus, omnino esse de necessitate salutis. »
Sur ces textes on peut remarquer :
1°) La conclusion, qui seule est une définition dogmatique, est tellement vague qu’elle peut s’entendre du simple pouvoir spirituel du Pape, auquel aucun catholique logique ne saurait refuser sa soumission.
2°) La distinction des deux pouvoirs, spirituel et temporel, est formellement enseignée.
3°) Étant donné le sens général de la Bulle, dont les dernières lignes forment la conclusion, et à laquelle elles se rattachent par la conjonction Porro, Boniface VIII entend bien affirmer dans le Pape un double pouvoir, spirituel, qu’il exerce par lui-même, temporel, qu’il exerce par les princes chrétiens. Mais ce second pouvoir, rien n’indique dans la Bulle qu’il s’exerce dans les matières purement temporelles, comme celui d’un suzerain sur ses vassaux.
Tout au contraire, les arguments du Pape (unité du corps de l’Église, soumission de toutes les brebis du Christ à leur pasteur, supériorité du pouvoir spirituel sur le temporel) montrent qu’il considère le prince, non comme souverain temporel, mais comme membre de l’Église. À ce titre, le prince doit, comme tout autre fidèle, être soumis à la direction du Pape dans tous les cas où sa conscience est intéressée ;
nombre de ses actes de gouvernement temporel tombent par là même sous cette direction.
Tels sont, en particulier, ceux qui concernent les matières mixtes, c’est-à-dire celles où les intérêts de l’Église sont en jeu comme ceux de l’État (par exemple législation sur le mariage, l’éducation) ;
le prince ne peut, sous prétexte d’avantages temporels, violer en ces matières les lois de l’Église ou léser ses intérêts ;
c’est ce qu’exprime Boniface par la célèbre métaphore des deux glaives dont l’un doit être soumis à l’autre.
4°) Les mêmes doctrines se retrouvent nettement exprimées dans une foule de documents pontificaux depuis S. Grégoire VII ;
les principes desquels elles découlent sont ceux mêmes que le Christ a énoncés en fondant son Église (cf. l’article Papauté, Pouvoir indirect du Pape en matière temporelle). Parler de théocratie en appréciant la Bulle Unam Sanctam, c’est en fausser le sens, c’est oublier la distinction si nettement formulée par Boniface VIII lui-même au consistoire d’Anagni, en 1302.
« Il y a deux pouvoirs ordonnés de Dieu… nous n’usurpons en rien la juridiction du roi, mais il ne peut nier qu’il nous est soumis, comme tout autre fidèle, ratione peccati. »
Bibliographie de la bulle « Unam Sanctam »
Bibliographie
Bibliographie.Le texte de la Bulle se trouve au complet dans le , Extrav. comm. l. I, titre 8, De major. et obed., c. I, Lipsiæ, 1881 ;
t. II ;
col. 1245. Aussi dans Dupuy, , pr. 54. Les parties essentielles dans Denzinger , 468-469. Pour le commentaire, voir Alf. Baudrillart, (, 1898) F. Berchtold, (1887) F. Ehrmann, (1896) H. Hemmer, article Boniface VIII du
Katholische Kirche und christlicher Staat
Dissertationes
J. De la Servière.