Lydie
Sommaire
I. Paul, Silas, Luc et Timothée étaient dans la ville de Philippes, où ils continuaient, comme partout ailleurs, d’annoncer l’Évangile. Les Actes des Apôtres, chapitre xvi, verset 13 et suivants, rapportent une particularité de leur séjour: «Le jour du sabbat nous sortions hors des portes près de la rivière, où était un lieu de prière; et nous asseyant, nous parlâmes aux femmes qui étaient assemblées. «Une d'entre elles nommée Lydie, marchande de pourpre, de la ville de Thyatire, servant Dieu, écouta; et le Seigneur lui ouvrit le cœur et la rendit attentive à ce que Paul disait. Après qu'elle eut reçu le baptême, elle et sa famille, elle nous pria, disant: «Si vous me croyez fidèle au Seigneur, «entrez dans ma maison, et demeurez-y.» Et elle nous força d'entrer.»
II. Nous connaissons déjà la ville de Philippes; il nous reste à dire un mot de Thyatire. C'était une ville de Lydie, province voisine de la Mysie, dans l'Asie Mineure. Elle n'est plus aujourd'hui qu'une ombre d'elle-même, connue sous le nom de Ak-Hissar. Convertie de bonne heure, elle devint le siège d'un évêché célèbre, puisqu'il compte parmi les sept Églises d'Asie auxquelles saint Jean, dans l’Apocalypse, adresse de la part de Dieu et ses réprimandes et ses encouragements.
III. Outre les synagogues qu'ils possédaient dans presque toutes les villes de l'Orient et de l'Occident, les juifs avaient hors des villes de petites synagogues, bâties en plein air et où ils pouvaient se rendre les jours de sabbat sans excéder la distance légalement permise. Aux juifs se joignaient quelquefois des gentils: de ce nombre était la bonne Lydie. Le commerce de pourpre, dont elle faisait son état, était un des plus honorables et des plus riches de cette époque. Personne n'ignore qu'il fut en grande partie la source de l'extrême opulence des Tyriens.
IV. À peine baptisée, avec toute sa famille, elle prie les Apôtres de venir loger chez elle. Il ne lui paraissait pas convenable que les ministres du vrai Dieu allassent demander l'hospitalité aux adorateurs du démon. Les invités refusèrent d'abord; mais Lydie fit tant d'instances qu'ils finirent par accepter. Voilà bien la femme chrétienne. Un instinct mystérieux lui dit qu'elle doit tout au prêtre, c'est lui qui, en continuant la mission du Sauveur, rachète la fille d'Eve du double esclavage de l'homme et du démon. Quels que soient ses efforts, l'impiété n'étouffera jamais cet instinct au cœur de la femme. Il a survécu à toutes les persécutions; que dis-je! c'est dans les persécutions mêmes qu'il s'est manifesté avec une énergie, une persévérance, une industrieuse charité au-dessus de tout éloge.
V. Pleine de cette foi qui a vaincu le monde et de cette charité qui fit la gloire des premiers chrétiens, Lydie parcourut saintement le pèlerinage de la vie et depuis dix-huit cents ans elle jouit dans le ciel d'une récompense qui ne fait que commencer. Bonté infinie de notre Père céleste! pour des travaux d'un jour il couronne ses enfants d'une gloire éternelle. Au 3 du mois d'août, le Martyrologe romain dit: «À Philippes, en Macédoine, naissance de sainte Lydie marchande de pourpre, qui, à la prédication de saint Paul, fut la première à croire à l'Évangile.» Voir: Bar., an. 51, n. 66; Épiph., Hæres., 80; Cor. a Lap. in Act. xvi, 14. Bar., Annot. ad Martyrol. 3 aug.