Eutychus
Sommaire
I. Le XXe chapitre des Actes des Apôtres, verset 7 et suivants, nous fait assister à un miracle de saint Paul, accompli dans une circonstance assez curieuse. «Après les jours des Azymes, écrit saint Luc, nous nous embarquâmes à Philippes, et en cinq jours nous vînmes à Troade, où nous demeurâmes sept jours.
II. « Or, le premier jour de la semaine, les disciples étant assemblés pour rompre le pain, Paul, devant partir le lendemain, leur fît un discours qui se prolongea jusqu'à minuit. Et un grand nombre de lampes étaient allumées dans la salle haute, Coenaculum, où nous étions assemblés.
III. « Et comme Paul parla longtemps, un jeune homme, appelé Eutychus, qui était assis sur une fenêtre, accablé de sommeil, tomba du troisième étage en bas, et il fut relevé mort. Paul étant descendu au lieu où il était, se coucha sur lui, et l'ayant embrassé, il dit: «Ne vous troublez point, car «la vie est en lui.» Et remontant ensuite, et ayant rompu le pain et mangé, il leur parla encore jusqu'au jour: après il partit. «Or, on amena le jeune homme vivant: ce qui les remplit de consolation.»
IV. Il est intéressant de savoir ce qu'est devenu le jeune ressuscité. Après la mort de saint Paul, il s'attacha, comme un fils à son père, un disciple à son maître, à saint Jean l'Évangéliste. Par l'ordre de l'Apôtre bien-aimé, Eutychus parcourut, en prêchant, un grand nombre de pays. Puissant en œuvres comme en paroles, il fit, par ses prières, crouler les temples des idoles et entrer au bercail du divin Sauveur, un grand nombre de brebis errantes.
V. Ses glorieux succès ne pouvaient manquer de lui attirer la récompense promise à tous les vrais prédicateurs de la Vérité. Plusieurs fois il fut jeté en prison, plusieurs fois battu de verges, exposé sur un bûcher; mais le Sauveur le délivra de tous ces tourments, jusqu'à ce qu'enfin il signa sa foi de son sang. On croit que c'est en Espagne qu'il souffrit le martyre. Le Martyrologe d'Adon s'exprime ainsi: «Nous avons les actes de saint Eutychius, confesseur, dont l'Espagne célèbre la fête le 3 des ides de décembre.»
VI. Ô mon Dieu! Il faut que le don de la foi soit inappréciable à vos yeux. Pour nous le prouver que de travaux entrepris, que de souffrances endurées, que de sang répandu! Faites-nous la grâce de l'estimer plus que toute chose; et que nous perdions tout plutôt que de perdre la foi. Voir : le Martyrol. d'Adon; le Martyrol. romain; Molanus, 24 décembre; Petr. Equilinus, Catal. SS. lib. XI, c. 130, n. 5; et les Nécrologes des Grec qui l'appellent martyr et saint martyr : Die 24 decembris, S. hieromartyris Eutychii, discipuli sancti Joannis Theologi, etc., etc.